Si j’aurais su j’aurais po v’nu

On connait ce classique du cinéma français : « La Guerre des boutons » d’Yves Robert sorti en 1962. Le même  qui a réalisé « La Gloire de mon père » ou encore « Le Château de ma mère ». 10 millions de spectateurs étaient venus suivre l’histoire des chérubins du village de Longeverne qui rivalisaient  avec leurs camarades de Velrans.

Nous sommes en 2011 et pour cette rentrée c’est une autre guerre qui va se jouer dans notre cinéma français. Une guerre inédite. Le roman de Louis Pergaud qui est à l’origine du chef d’œuvre cinématographique, tombe dans le domaine public, et la course à la récupération commence. A deux semaines d’intervalles vont sortir deux adaptations du classique d’Yves Robert. Deux producteurs s’affrontent donc ; à ma droite, Marc Du Pontavice avec « La Guerre des boutons » et à ma gauche, Thomas Langmann et « La Nouvelle guerre des boutons ».

Le premier choisit Yann Samuell comme réalisateur, et fait jouer Mathilde Seigner, Eric Elmosnino et Alain Chabat. Il reste plus ou moins fidèle à la référence de 1962, quant à l’époque (l’histoire se déroule en 1956)  et à la trame de l’histoire.


Langmann lui, opte pour la réalisation de Christophe Barratier et engage Laetitia Casta, Guillaume Canet ou Kad Merad, ce dernier étant « Le Acteur Français » qui me sort par les yeux. L’histoire est complètement remodelée ; on retrouve la rivalité des petits camarades, mais ici s’ajoute un contexte dramatique, celui de la seconde guerre mondiale, en 1944. Une petite fillette d’origine juive va être un élément clé dans l’intrigue du film.  Barratier se justifie « Les deux guerres entrent en résonnance, ça me permettait d’intégrer ce personnage d’enfant juive, démontrer qu’il y a une cause plus noble que la rivalité entre village »

Non seulement je désapprouve Langmann dans sa réinterprétation de l’œuvre originale, mais surtout je trouve indigne les coups bas qu’il a exécuté pour mettre son film en avant.

En Janvier dernier, les deux producteurs doivent concourir pour savoir qui Canal + décidera de soutenir. Langmann a l’argent et Yann Samuell se débat, il raconte au journal Le Monde : «  Langmann m’a proposé de manière insistante un chèque en blanc pour mon prochain film si j’abandonnais celui-ci. Entre les tentatives de soudoiement et les appels passés à mon équipe technique, les méthodes qu’a employé Langmann pour faire tomber notre film étaient odieuses, pire, mafieuses »

Et c’est Langmann qui finalement remportera la première manche en obtenant l’aide de Canal +.

Plus tard, Langmann fait un second coup bas. Les deux films devaient sortir en Novembre mais il avance sa sortie pour le 28 Septembre, Samuell contre-attaque et annonce une sortie pour le 14 Septembre. Le rival parvient à grappiller une semaine et retient la date du 21 Septembre. Ce sera donc le film de Samuell qui sortira le premier.

Dans ce combat « culturel », Langmann, en bonne ordure, se moque de Samuell qui n’a pas pu mener à bien la promotion du film et qui peine à vendre son concept à l’étranger.

La conclusion à tout ça, là voici : Je n’irai voir ni le film produit par Langmann, ni celui réalisé par Samuell. L’idée même de toucher au film original d’Yves Robert m’en dissuade. Je suis triste à l’idée de savoir qu’une génération va découvrir La Guerre des boutons à travers Alain Chabat ou Kad Merad. Mais je suis par-dessus tout révoltée par les actions de Langmann qui n’honorent en rien le cinéma français.

Je vous laisse sur ces extraits du film original dont le charme est inimitable.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s